Ann Hallenberg, l’électrique

Refonte et mise-à-jour d’un ancien portrait de 2006, publié sur Forumopera.com

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Karina Gauvin, style rocaille

Portrait publié sur Forum Opera.

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Richard Croft, le noble éclat du tourment

Article publié sur Forum Opéra.

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Nathalie Stutzmann, l’ombrageuse

Portrait publié sur Forum Opera.

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Maria Laura Martorana, la colorature martiale

Maria Laura Martorana, ce nom ne parle qu’aux amateurs de musique baroque italienne les plus acharnés à découvrir des œuvres rares du XVIIIème siècle, et si je dis acharné, c’est que la dame s’est souvent produite accompagnée d’orchestres d’excellence régionale pour ne pas dire de seconde zone et entourée de chanteurs qui croient pouvoir débuter aisément une carrière en couinant des rôles virtuoses où ils ne souffrent d’aucune comparaison… puisque l’opéra n’a jamais été rejoué depuis sa création. La découverte de cette chanteuse est donc semée d’embuches. Mais avant de continuer, écoutez là :

C’est Clément qui m’avait fait découvrir cet air à la terrasse d’un café; lui avait eu le courage de passer les 30 premières minutes de l’enregistrement pirate de mauvaise qualité, quand je vous dis que c’est une chanteuse qui se mérite. Alors oui l’orchestre est un peu laborieux, et on se demande d’entrée si on ira au-delà de la première partie de l’aria. Mais cette onde des violons typique de Porpora, et l’allant de cette voix retiennent : la récompense pour les amateurs de sensation fortes vient dans le dacapo avec ses aigus aussi puissants que stratosphériques.

Le charme de cette voix ne vient pas de sa pureté comme c’est souvent le cas pour les sopranos coloratures : ici l’aigu est puissant, affirmé, percutant mais pas toujours très propre, et souvent très strident, sans compter un vibratello très audible. Ces excès de vaillance vocale pas toujours très harmonieux pourront en gêner plus d’un : mais cette témérité n’ignore pas les graves et la technique est loin d’être hasardeuse, elle a même a parfois de ces curiosités délicieuses qui la rapprochent d’Ewa Malas-Godlewska. J’ai toujours eu beaucoup d’attachement pour ces chanteurs qui n’escamotent pas les difficultés et affrontent la partition avec la même détermination que le personnage son destin. Maria Laura Martonara a cette tension quasi martiale dans la voix qui fait toujours craindre pour l’issue du combat et rend fascinant son triomphe. Revers de la médaille, dans les airs alanguis ou élégiaques, le charme opère beaucoup moins, et lorsque la voix fatigue on entend davantage le medium ingrat. Alors bienvenue dans le monde métallique des opéras baroques interprétés sur instruments modernes, à des diapasons masochistes, vous n’entrez pas ici pour vous relaxer. J’appelle de tous mes vœux un directeur d’opéra ou un grand chef d’orchestre à lui permettre de chanter ailleurs qu’en Italie et avec des orchestres plus à la hauteur de son talent.

Coté discographie: on pourra commencer par le beau Il Mondo alla rovescia de Salieri où elle reprend notamment le grand air de Semele dans l’Europa Riconosciuta (mais en plus difficile!!) et bénéficie d’une vraie direction baroque avec Sardelli à la baguette.  Ensuite I Guiochi d’Agrigento de Paisiello la trouve très en forme et investie avec deux grands airs qui mêlent emportements dramatiques et vocalises tantôt échevelées tantôt piquées qu’elle exécute avec aplomb impressionnant. Lo sposo di tre e il marito di nessuno n’et pas une partition très intéressante mais son premier air vaut le détour. L’Achille in Sciro de Sarro bénéficie d’un orchestre plus idoine dirigé par Sardelli encore mais ses airs sont moins intéressants que dans l’I guiochi et l’excitation doit souvent attendre le da capo. Dans la Proserpine de Paisiello, elle chante dans un français compréhensible (sauf hors du medium) une belle Cérés dont la fureur manque de soutien à l’orchestre mais qui ne demande qu’à épancher ses accents angoissés et rageurs. On évitera son récital de cantates de Porpora qui est à peu près ce qui lui convient le moins, beaucoup de morceaux élégiaques et très centraux accompagnée par un orchestre chétif; idem pour l’Ottone in villa de Vivaldi où elle chante la séductrice Cleonilla alors que les tourments de Caio ou Tullia lui auraient mieux convenu, et puis l’orchestre est bien sage. On trouve aussi une Flûte enchantée  en italien où elle chante la première dame.

Morceaux choisis

 

Et pour les amateurs de Waldo de Los Rios

http://www.marialauramartorana.com

Sa chaine Youtube

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Romelia Lichtenstein, l’humilité triomphante

Gloire soit rendue au label CPO qui, non content de publier presque uniquement des œuvres rarissimes, permet parfois de révéler des chanteurs qui restent incompréhensiblement confinés en Allemagne. C’est le cas de Romelia Lichtenstein, chanteuse bulgare habituée du festival Handel de Halle, dont le génie explosa dans le Giob de Dittersdorf dirigé par Hermann Max. Une fois de plus, c’est n’est pas une voix d’hédoniste, mais j’ai un faible pour ces voix au premier abord ingrates que transcende l’art du chanteur (le paradigme de ce genre de voix étant sans doute Maria Callas). Et dans le cas de Romelia, force est de reconnaitre que l’émission semble impure et que le medium sone désagréablement. Ce n’est donc pas un hasard si son plus beau rôle est celui de Zara, la femme de Giob, celle qui n’a pas la foi, dont l’aigreur la rive au sol, or tout dans sa voix signale l’angoisse de cette humilité, ici déguisée du cynisme de la vocalise. J’aimerai beaucoup l’entendre en salle pour savoir si l’impact est le même qu’au disque, si la résonance des aigus triomphe autant.

Là où elle me plait moins, c’est conséquemment dans les épanchements languissants ou les douces mélodies : on peut l’entendre dans Casta Diva ou Lucia sur son site, mais cela ne me convainc pas : ce n’est pas une question de tessiture car elle possède clairement une étendue impressionnante dans le grave comme dans l’aigu, ni une question de technique (si toutes les Lucia de province pouvaient avoir cette tenue…), mais bien une question de timbre et de tempérament, elle n’est pas crédible en jeune vierge, c’est une voix qui en sait trop, déjà arrachée à l’innocence, vieille bien qu’en pleine santé. Idem pour son ange Raphaël dans Il Ritorno di Tobia de Haydn, le phrasé est souverain mais les vocalises n’inspirent pas l’espérance, et l’ange semble être privé d’ailes.

Coté discographie, on ne trouve plus son Tolomeo où elle chantait Elisa, on doit donc se contenter du DVD d’Admeto et du superbe Giob de Dittersdorf.

  • Dittersdorf, Giob


    Outre que l’oeuvre est une splendeur injustement oubliée à la hauteur des plus beaux oratorios de Mozart ou de Haydn, que l’orchestre est dirigé avec élégance et force, et que les autres chanteurs font tous du très bon coulot (bon ok, un contre-ténor pas idéal), l’acquisition de ce disque se justifie rien que pour la prestation de notre héroïne du jour, qui passe des élans de ferveur, à la folie puis la douceur maternelle avant de devenir furie railleuse. Ecoutez la façon merveilleusement délicate qu’elle a de piquer les aigus dans le premier air, une élévation immédiatement contrariée par des graves terrestres. Le second air vient après sa crise d’angoisse à la recherche de ses enfants, et ses longs aigus strident qui meurent dans un souffle sur le mot “crudelta” sonnent comme une blessure qui continue de s’épancher. Dans le troisième air enfin, la foi l’a définitivement quittée, la scansion de l’orchestre évoque un rire pusillanime, et les aigus ne sont plus ceux de l’élévation mais de l’hystérie, et dans sa façon de répéter “e follia” on entend l’angoisse sourde de l’être privé d’espérance, on retrouve alors les graves dans le canto di sbalzo; et pourtant on arrive pas à mépriser cette femme qui tente de ramener à la raison un fou de Dieu. A l’époque des Lumière, Zara ne pouvait pas être une simple mégère mécréante.

 

  • Handel, Admeto
    La compression audio de Youtube étouffe beaucoup la richesse harmonique de sa voix dans cet extrait, mais quelle expressivité! Là où beaucoup se contentent d’enchaîner les vocalises le plus proprement possible ou, au contraire, noient leurs lacunes dans l’expressionnisme débridé, elle bats cette musique et ces mots sans jamais les maltraiter. Quelles merveilles elle doit faire dans les rôles de magicienne chez le même compositeur! Le reste de la distribution est hélas bien moins extraordinaire et cet opéra attends toujours sa version de référence.
  • Hasse, Sant’Elena al Calvario
    Un bel oratorio de Hasse avec quelques airs très inspirés, même si ce compositeur brille davantage dans le seria. Sainte Hélène est une sainte d’origine modeste qui, archéologue avant l’heure, découvrit la croix du calvaire du Christ. C’est une sainte qui creuse le sol avec ses mains, encore l’humilité. Elle fût aussi la mère de l’empereur Constantin. Hasse illustre bien la puissante sérénité de cette sainte qui n’a rien d’éthéré et semble vouloir affronter la souffrance qui habite encore le lieu, ici aussi les vocalises servent la dialectique entre le ciel et la terre.

http://www.romelia-lichtenstein.de/

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Anna Bonitatibus, la cantante regale

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Reprise et mise à jour d’un article publié en 2006.

Anna Bonitatibus est pour moi une des plus grandes mezzo baroques qui mériterait autant de reconnaissance qu’une Bartoli: sa tessiture est plus large, son enthousiasme identique, sa technique aussi affûtée et sa curiosité constante comme le prouve son dernier disque. Le petit plus de Sainte Bonita, c’est sa noblesse d’expression: Sainte Cecilia est très plébéienne dans ses élans d’affection (et c’est ce qui la rend attachante), tandis qu’ici le port de tête est vraiment royal sans pour autant perdre en chaleur. Je suis aussi très touché par son léger vibratello dans les aigus, encore ma perversion pour les stridences qui tendent la ligne sans jamais la rompre.

Cet extrait est assez emblématique: un talent sans pareil pour faire entendre des tubes d’une autre oreille, une voix rigoureuse et sachant néanmoins très bien vocaliser sur de grandes étendues et surtout une densité expressive peu commune qui sait très bien se passer des vocalises et qui fait tout son charme dans le répertoire du XVIIème par exemple.

Alors je ne comprends toujours pas pourquoi, elle reste assez rare sur scène en France, et pourquoi elle n’y est invitée que par les chefs d’orchestre et pas par les directeurs d’opéra. Ces dix dernières années, Pido lui donnait Cherubino et Zerlina (franchement sous-employée), Minkowski Niclkausse et Il Piacere, Christie Ottavia et Didone (Cavalli), Curtis une Elisa (Handel), une petite messe solennelle en passant et je crois que c’est tout, alors que Munich, Lausanne ou Vienne l’invitent régulièrement. Personne pour lui proposer de donner son nouveau récital en concert, pour lui faire chanter ne serait-ce que du Rossini (même une Cenerentola ou une Italiana, voire un Barbiere!)? Donc 8 ans après mon premier article, je me réemploie à souligner tout son talent.

Coté actualité, elle reprendra la production triomphale de l’Orfeo de Monteverdi par David Bösch l’été prochain à Munich, et abordera entre temps Tancredi de Rossini avec Dantone à Lausanne et L’Italienne in Alger à Vienne.

Morceaux choisis

  • Pergolesi, L’Olimpiade

Ottavio Dantone fut l’un des premiers chefs à lui donner des rôles à sa mesure, à commencer par ce stupéfiant Licida qui permit aussi de révéler quel compositeur magistral d’opéra Pergolesi fut. Tous ses airs sont mémorables, que ce soit par leur virtuosité échevelée avec des écarts terrifiants ou par leur douce mélancolie (mon “Mentre dormi” favori), le tout servi dans un italien forcément aristocratique.

  • Pergolesi, Il Flaminio

On ne change pas une équipe qui gagne: cette fois-ci Dantone lui confie un petit rôle dans ce délicieux opéra pastoral de Pergolesi, et décide de booster son air principal à sa mesure. On obtient ainsi une sorte d’archétype d’air belliqueux, si fulminant qu’il en effraie presque sa monture!

  • Cimarosa, L’Olimpiade

Ici encore, un compositeur dont on ne joue qu’une seule et même oeuvre alors qu’il y a tant de merveilles qui restent cachées. Cimarosa ayant sacrifié Licida au profit de Megacle et de sa compagne dans son adaptation du livret de Metastase, Bonitatibus y chante Megacle (crée par le castrat Marchesi). La couleur du timbre souffre parfois des écarts surhumains que Cimarosa a écrit (faut bien chipoter), mais alors qui saura se lancer dans le plus difficile “Superbo di me stesso” que je connaisse avec autant de panache et de témérité?! D’autant que Marcon est à la baguette et que Ciofi lui donne la réplique (à Bonitatibus, pas à la baguette! oui je sais c’est pas drôle), ce qui nous vaut un duo final époustouflant (et dont les vocalises ressemblent étrangement à celles du duo Aspasie-Sifare dans le Mitridate de Mozart).

  • Handel, Agrippina

Même avec un son franchement pourri, l’effet est bœuf… et non ce n’est pas une référence à la mise-en-scène.

  • Handel, Giulio Cesare

Marc Minkowski est aussi un chef qui l’invite régulièrement. Ici à Zürich en 2005 aux cotés de Bartoli, elle chante Sesto de façon poignante ni trop adolescente ni trop testostéronnée. Toute la noblesse du fils torturé de Pompeo s’illustre ici dans la difficulté qu’elle semble avoir à rester dans le registre grave. Elle reprendra le rôle avec René Jacobs en 2008, mais sa direction semble la mettre moins à l’aise.

  • Handel, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno

 Alors même qu’elle n’était pas au top de sa forme ce soir là (comparez son “Come nube” avec celui de l’Agrippina de Zurich deux ans plus tard), sa prestation reste d’anthologie. J’avais fait une critique complète du concert ici. Le long silence entre la fin du “Lascia la spina” et les applaudissements est du à la main bienveillante de Minko qui imposa au public de refréner son contentement.

  • Rossini, Il Barbiere di Siviglia

Qui n’a pas marre d’entendre cette cavatine de Rosine? Eh bien cette vidéo m’a fait retrouver du plaisir à cet air, c’est chanté avec tant de puissance, de raffinement et de verve que l’on est très loin des espiègles de commande ou des viragos enrubannées.

  • Rossini, La Cenerentola

Comme pour sa Rosina, elle décape le rôle, mais ici la mariée est presque trop aristocratique et brillante pour être crédible en timide et humble Cendrillon, donc une Angelina plus impressionnante qu’attendrissante. 

  • Verdi, Requiem

Hors de son répertoire habituel mais épaulée par un maître (Diego Fasolis), elle se révèle étonnante dans cette partition habituellement dévolue à des mezzos que Wagner titille. On y gagne une clarté d’élocution précieuse dans ces mots lourds de sens, et toute la tension expressive que les baroqueux peuvent apporter à ce répertoire, sans pour autant céder en ampleur.

  • Mozart, Mitridate

Ce rôle flatte sa science des contrastes, son étendue, sa vocalise à toute épreuve et son expression dramatique, tout juste pourrait-on lui reprocher un manque de liquidité dans certains passage. J’aime toujours autant la direction de Bolton dans Mozart, mais hélas son entourage est souvent dépassé par la partition et vire parfois dans l’expressionnisme hors-style pour compenser.

  • Monteverdi, L’Orfeo

Tout comme l’autre grande messagère de ce Siècle qu’est Sara Mingardo, elle chante cet air avec une densité émotionnelle qui se traduit par une saturation permanente du son, comme si la stridence des pleureuses donnait son énergie à ce chant. Les passages de contrition, lorsque les pleurs étouffent la voix et l’empêchent de sonner sont suivis de déversements d’autant plus puissants qu’ils étaient retenus. Elle arrive et repart sans grandiloquence et pourtant sa plainte résonne effroyablement.

Discographie

Pour commencer son dernier disque consacré au personnage de Semiramide de Caldara à Rossini est évidemment immanquable. Elle a écumé les bibliothèques d’Europe à la recherche d’opéras oubliés portant sur cette reine qui a fasciné plus d’un compositeur, et qui convient bien sur parfaitement à son tempérament. Le disque est splendidement documenté et vous fera découvrir des compositeurs rares des 18 et 19ème siècles comme Bernasconi ou Nasolini, ainsi qu’une version inédite du célèbre “Bel raggio lusinghier” de Rossini. On regrettera simplement un orchestre manquant un peu de pulpe mais pas d’allant, et une usure de la voix qui commence à poindre par le vibrato dans les moments les plus exigeants ou dans des raideurs sur les aigus. N’empêche que l’air pastoral de Traetta vous trottera longuement en tête, celui de Bernasconi est un des plus beaux exemples de lamentation délicieusement mélodique, les airs du tournant du siècle ne s’éclipsent pas devant le Rossini (les vocalises de l’air de Nasolini rappellent même celles du duo Rosina-Figaro “Dunque io son” chez Rossini… un an plus tard) et illustrent les échanges d’influence entre la France et l’Italie (Catel, Meyerbeer et Garcia). Seule déception, l’air de Handel/Vinci prit de façon étonnement lente et pesante. Ses deux autres récitals consacrés aux mélodies de Rossini et aux arias de Haydn sont aussi très recommandables même si leurs programmes sont plus habituels.

Pour les intégrales, le Tolomeo de Handel est un must de toute discothèque baroque: l’oeuvre est une collection d’airs champêtres ou désespérés du meilleur Handel, et tous les chanteurs sont d’une telle excellence qu’on en oublie complètement la pesanteur de l’orchestre.

Hélas la Deidamia du même compositeur n’a pas eu cette chance, mais ce que Bonitatibus fait d’Ulysse reste stupéfiant.

Je n’ai pas adoré son interprétation dans la très belle Andromeda liberata, car je trouve le rôle vraiment trop grave pour elle (il y faut un vrai contralto: Mijanovic au concert y était suprême); je ne goûte vraiment pas la musique de Mayr et sa Ginevra ne fait pas exception. Quand aux Orazi e Curiazi de Cimarosa, elle est hélas trop mal entourée pour que le disque vaille le coup.

Pour les DVD, sa Didone de Cavalli est à recommander à qui n’a pas peur des mise-en-scène contemplatives et des orchestres réduits à leur plus simple expression, elle y est évidemment souveraine. Tout comme dans L’Incoronazione di Poppea qui souffre des mêmes options d’interprétation à mon goût. A l’inverse, l’Ercole Amante est une oeuvre moins séduisante de Cavalli, mais mise-en-scène et orchestre rutilent, dommage que son rôle soit si réduit. Enfin je la trouve un peu trop noble pour jouer Dorabella, cela tient sans doute aussi à l’orchestre très martial, et bien sur c’est loin d’être indigne mais dès son “Smanie implacabile”, on y croit tellement que l’on ne sent pas l’exagération comique.

De ses premiers disques on retiendra surtout le joli Lettere amorose de Scarlatti: Curtis est bien meilleur dans ces morceaux assez courts que dans les grands opera seria dont il est souvent incapable de soutenir le dramatisme, l’orchestre reste cependant assez pauvre en harmonique. Les pièces pour clavecin sont splendides, Ciofi ferait pleurer les pierres et notre Bonita est toujours aussi dramatique, mordante, pertinente et émouvante: en un mot c’est boulversifiant! Les duetto d’ Ottavia restituta al trono et de Tolomeo e Alessandro sont à la hauteur de ce que les deux dames font dans L’Olimpiade de Cimarosa. Le Tamerlano (sorti également) en DVD ne vaut que pour son Irene dont elle ne fait qu’une bouchée mais double. On trouve aussi sur youtube des extraits de son Asteria dans le même opéra en tout début de carrière alors qu’elle était soprano, mais cette voix manquait clairement de naturel (et l’orchestre est assez épais). Pour la même raison je déconseille la Griselda de Vivaldi où elle chante Roberto.

Son site web: http://www.annabonitatibus.com avec sa discographie complète.

Son compte twitter: @AnnaBonitatibus

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